• Les loups Gévaudan

     

    Laissons leur place aux Loups... 

     

     

    A l'instar de Vincent/Esquirou - Voir également le magazine "Toutes saisons" n°4 -
    je ne pense pas étonner quiconque qui me connaisse un peu, en me positionnant clairement POUR que le Loup ait entièrement le droit de vivre en France.

    Je suis de ceux qui ont toujours été fascinés par ce magnifique animal auquel nous avons mené, et continuons de mener la vie dure, le plus souvent pat méconnaissance et sur des légendes parfaitement injustifiées.

     

     

    Peut-être grâce à la mythologie Romaine et l'histoire de Romulus et Rémus, l'Italie (et l'Espagne aussi d'ailleurs) n'ont pas cette attitude destructive que nous pouvons avoir en France.
    Certainement que nos légendes stupides y sont pour beaucoup dans nos craintes (j'ose même parler de haine) vis à vis du Loup. Ces deux Pays vivent sa présence sans ombrage et
    continuent de le protéger, bien conscients qu'il a une part prépondérante dans l'équilibre de la biodiversité. 

    Les loups Gévaudan 

    Ici, le Chocolat "Poulain" a présenté la Louve protectrice et nourricière.

     

     

    Les loups Gévaudan

    Loup de Sibérie (Canis lupus albus)

     

    Tout d'abord, je vais vous parler d'une expérience vécue... au Parc à Loups du Gévaudan (conf. photos) pour que vous compreniez la manière dont les loups nous perçoivent.

    Imaginez que vous entriez dans un vaste enclos dans lequel se trouve une meute de Loups...
    Dès lors que vous êtes debout, il faut tout d'abord savoir que pour un Loup, vous n'êtes par à l'ordre du jour de son déjeuner. En effet, sur vos deux jambes, vous êtes un prédateur et il vous craint, même en groupe ! Par conséquent, en entrant dans leur enclos, les Loups iront à l'opposé de l'endroit ou vous vous trouvez. Si vous faites le tour de cet enclos, les Loups se déplaceront également pour se maintenir à l'endroit le plus éloigné de vous !

    Dans la nature, il en est de même, même en présence de Loups. Eux vous sentiront et vous verront arriver, alors que vous ne supposez même pas leur présence. A votre approche, ils prendront la fuite... ce qui ne serait pas le cas de chiens affamés où un risque d'attaque serait beaucoup plus envisageable !

    Si vous êtes debout et si vous ne fuyez pas en courant, le Loup ne vous attaquera PAS ! En revanche si vous vous mettez à courir ou vous mettez au sol ou à quatre pattes, oui, dans ces circonstances, vous devenez une proie.

    Vincent Munier (Photographe animalier de renom) en a d'ailleurs fait l'expérience dans sa recherche des Loups Arctiques. Ils venaient jouer avec son matériel ou ses chaussures dès lors qu'il était à terre. En position debout, les Loups reculaient et fuyaient.

    Certaines espèces de Loups (Les Loups de Pologne et les Loups du Canada ou Loups de Mackenzie) ont même une attitude assez sociable envers l'humain étant moins territoriaux que d'autres espèces.

    Pour autant, il ne faut bien évidemment pas oublier que ce sont des animaux sauvages, avec des règles sociales, et que si toutes nos légendes ne sont pas fondées, ce ne sont malgré tout pas des chiens. Pour pouvoir les côtoyer de près, il faut adopter certaines règles aux fins de ne pas se mettre en danger. Ils ne se domestiquent pas, n'obéissent pas à l'appel, ne viendront pas forcément même si vous leur proposez de la nourriture... Les chiens sont "formatés" depuis des générations à la domestication. Ils savent obéir, apprécient et demandent à être caressés et recevoir des câlins... Les loups eux ne le sont pas et ne fonctionnent pas de cette manière.

    Je parle des Loups purs, pas des chiens croisés avec un Loup comme le Chien-loup Tchécoslovaque ou Chien-Loup de Saarloos qui eux ont conservé les comportements ataviques des Loups et un mélange du caractère de nos Chiens domestiques.

     

    Les loups Gévaudan

    Loup de Pologne (Canis lupus lupus)

     

     

    La vie sociale du Loup

     

    Elle est la même et ce, quelque soit leur origine. Le nombre d'individus composant une meute se fera selon le type des proies, de leur nombre, de leur habitat, de la période de l'année... 

    Ce sont généralement ces critères qui entrent en ligne de compte pour la taille du territoire de la meute. Une meute se compose de 4 à 6 loups (ceci est une moyenne) pour environ 250 km carrés dans les pays dans lesquels il est présent dans l’Europe du sud, mais la meute peut se composer au Canada par exemple, de 8 à 15 individus pour un territoire de 1000 à 4000 km2. 

    La période des accouplements se fait du début de l'année en hiver. C'est le moment ou les adultes s'affrontent entre eux pour déterminer qui seront le mâle et la femelle dominant la meute. Ce sera ce couple uniquement qui se reproduira.

    Au delà d'une période de trois ans, dans la suprématie d'un couple dominant, les jeunes adultes s'en iront en quête de nouveaux espaces et d'une autre meute pour tenter à leur tour leur chance de devenir à leur tour des dominants. 

    Dans les pays d'Europe du sud, les meutes comportant moins d'individus, ils ne formeront donc qu'une seule famille composée du couple dominant (géniteurs), des petits de l'année et de leurs aînés de l'année précédente. Les affrontements des grandes meutes n'auront donc pas lieu puisqu'il n'y aura pas de rivalité. 

    Vers deux à trois ans, les jeunes se dispersent également pour trouver d'autres espaces. Moment difficile dans la vie du jeune Loup (peu importe son sexe), qui vu son jeune âge manque d'expérience. Il risque alors, dans ses périples, de devoir faire face à de nombreux dangers, tout autant que de rencontrer un Loup plus expérimenté qu'il ne l'est.

    Le couple dominant ne fera qu'une portée annuelle, composée en moyenne de quatre louveteaux. Moins de la moitié de ceux-ci arriveront à l'âge adulte. Tous les individus d'une meute s'occupent des jeunes de l'année pour les nourrir et les surveiller. Pour se nourrir les louveteaux sollicitent les adultes par des pincements aux babines de manière à les faire régurgiter.

    A la fin de l'été, ils ont atteint leur stature d'adulte et deviendront actifs lors de la recherche des proies. Les dominants de la meute doivent s'imposer constamment en tant que tels. La vie en meute est pour le loup un gage de sa survie.

    Les loups, qu'ils soient solitaires ou en groupe, n'entreprennent une chasse que s'ils ont faim. Il ne tuent pas gratuitement ni pour le plaisir.

     

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    Loup de Mongoloe (Canis lupus chanco)

     

     

    Le loup peut chasser seul pour une petite proie ou en meute pour une plus grosse. Selon les régions et les saisons, les proies des loups seront des gros mammifères tels : bisons, chevreuils, élans, rennes... Pour ces gros animaux, l'attaque se fera en meute.

    Les loups utilisent le vent pour chasser, repérant grâce à lui les odeurs de ses proies. Un loup serait en mesure de capter les odeurs à une distance de 300 mètres. Leur ouïe fine les alerte des plus petits des bruits.

    Au moindre signe d'une proie potentielle, il se met en arrêt le museau dressé en direction de celle-ci. Alertés par cette attitude, les autres membres du groupe localisent le futur "butin". Ils manifestent alors leur émulation par des sauts et des mouvements de queue actifs tous en restant silencieux. Ils s'approchent ensuite de leur proie en remontant contre le vent de manière à ce que celle-ci ne les repère pas à son tour.

    Les loups ont plusieurs méthodes d'attaques.

    Ils n'épuiseront pas leurs forces à courir après une proie trop rapide et trop endurante.

    Leurs cibles de prédilection seront des jeunes, des animaux en état de faiblesse (malades, blessés ou trop âgés pour fuir longtemps).

    Les techniques sont l'encerclement, l'embuscade, la poursuite, la surprise... 

    L'un des loups de la meute signale sa présence à la proie choisie, tandis que les autres l'encerclent.

    Les attaques à l'encontre des grands ongulés peuvent s'avérer mortelles pour le chasseur, surtout quand il s'agit d'un jeune manquant d'expérience. La moindre hésitation peut être dramatique
    pour l'ensemble de la meute.

    Il arrive que, devant un troupeau de bisons résistant aux assauts, les loups choisissent de battre retraite.

    Faire tomber une proie comme un élan n'est pas mince affaire, et nécessite souvent de nombreux assauts.

    En règle général les grosses proies sont dévorées sur le lieu de la chasse.

    Un loup ingurgite 9 à 10 kg de viande par repas en sachant que le repas n'aura pas lieu tous les jours. Lors de ces repas, le mâle dominant se sert en premier, en montrant sa suprématie,
    ne tolérant à ses cotés que sa femelle. Les autres se partageront le reste quand le couple en aura décidé.

    Si la proie n'a pas été complètement consommée, les restes seront enterrés en éventuelles réserves.

    Pendant la saison chaude, la nourriture des loups se compose d'ongulés et de petits animaux tels que des lapins, castors etc. Un loup solitaire se contentera le plus souvent d'un animal isolé et de petite taille. Les loups pratiquent aussi la pêche en eaux basses.

     

    Les loups Gévaudan

     

    Ici,  vous pouvez voir que les Loups mangent sans manifester aucune agressivité les uns envers les autres. Aucune bagarre n'éclate. 
    Essayez donc de faire la même chose avec une meute de chiens, même très domestiqués.

    Enfin non, n'essayez pas, car... il y aura 99 risques sur 100 pour que cela se termine en pugilat et dans un bain de sang ! 
    Un peu à notre image finalement, il suffit de voir certains reportages télévisées au moment des soldes. Et dans ces moments là, ce n'est même pas pour manger !

    A ce niveau, nous ne faisons peut être pas tant que cela de l'anthropomorphisme, mais peut être que nos chiens finissent par nous ressembler à force de vouloir... nous "plaire".
    Mais cela (plaire) n'est pas dans le caractère du Loup.

     

    Les loups Gévaudan

     

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    Les loups Gévaudan

     

    Les loups Gévaudan

    Loups arctiques (Canis lupis arctos) 

     

    Dans la meute

     

     

    Dans la meute, la survie dépend en permanence du couple dominant dont l'âge est en moyenne de 4 ou 5 ans. Dans le cas ou la femelle dominante viendrait à disparaitre, l'unité de la meute ne serait pas en danger. En revanche, s'il s'agit du mâle, le groupe éclate fréquemment.  

    Une bonne domination implique des relations amicales et non agressives avec les autres membres de la meute. Il faudra au mâle Alpha (le dominant) de la force et de la ténacité pour s'imposer face aux autres de manière à obtenir l'adhésion du groupe entier. Dans le cas ou le groupe s'oppose pour une raison précise au mâle Aplha, celui-ci se soumet à la décision du reste de la meute. Ce n'est d'ailleurs pas toujours la mâle Alpha qui guide la meute. Ce pourra être le femelle Alpha qui prend cette place. Pendant les repas, le couple Alpha en revanche s'impose en dominants.

    Parfois, certains loups sont récalcitrants à la discipline. Ils partent alors à la recherche d'une autre meute et tentent de s'y intégrer. Les jeunes loups peuvent vivre en solitaires en recherche d'une compagne et d'un nouveau territoire. Ils font profil bas sur les territoires déjà occupés s'abstenant alors au maximum de laisser leurs marques.

    Lors des chaleurs de la femelle (début du printemps) et durant environ 21 jours, la suprématie est encore plus marquée. Moment très difficile alors pour les loups mâles Bêta et Gamma...

    La seule femelle qui s'accouplera sera la femelle Alpha, mais les autres femelles pourront tenter de gagner cette place. La lutte entre mâles peut être également ardue si l'un d'entre eux tient tête au dominant. Il peut y avoir dans cette anarchie ambiante, quelques "bavures" par rapport aux règles établies. Un loup Bêta pourra alors prendre la place du dominant et inversement, et le loup Alpha pourra s'accoupler avec une femelle Bêta. Pour autant la fidélité est le plus souvent respectée dans le couple.

    Les amours des loups sont très tendres, démonstratifs. Ils se courtisent à coup de baisers, de léchages sur l'ensemble de la tête, de mordillements affectifs des babines. Ils ont des attitudes câlines l'un envers l'autre.

    A l'instar des chiens, les loups rentent "collés" pendant l'accouplement. Cela peut durer de un quart d'heure à une demi-heure. Cette raison morphologique des canidés résulte du fait qu'une trop brève union pourrait s'avérer stérile.

     

    Les loups Gévaudan

     

    Les loups Gévaudan

     

    Le pionnier en matière d'observations des Loups en meute fût Adolph Murie, entre 1939 et 1941. Il fît ses observations en Alaska, dans le parc national du Mont McKinley. Il a démontré qu'en tête d'une meute d'environ 10 loups (plus les jeunes) se trouvait toujours un couple Alpha. Comme dit précédemment, le nombre d'individus peut être légèrement variable selon la nourriture disponible. Pour exemple, dans le Nord Canada, le ratio est de 9 loups pour une population de 1000 caribous sur une surface de 10 000 km2.

    En Espagne et en Italie (au parc des Abruzzes), les meutes étaient composées jadis de 12 à 15 individus, alors qu'actuellement, il n'y a le plus souvent que le couple et ses petits.

    L. David Mech, au Canada, a démontré l'instinct de territoire des loups. Celui-ci est délimité par la meute, refusant l'intrusion des membres externes à celle-ci. C'est le mâle Alpha qui choisit la zone territoriale de sa meute et se met en tête de toutes les initiatives. La zone est délimitée par l'ensemble de la harde par les déjections et urines. Le mâle Alpha assure la sécurité et l'ordre dans sa "famille" .

     

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    L'ordre établi de la hiérarchie est peu variable dans la meute. Chaque loup à sa place, et cette place ne peut être modifiée que suite à la mort d'un des dominants ou d'une constitution d'un groupe.

    La communication entre les membres du groupe passe pas l'ouïe, la vue et l'odorat. Ils transmettent leurs messages par différents comportements faisant office de code. Chez les loups, soutenir le regard du mâle Alpha est un signe de provocation. Le mâle Alpha arbore une attitude déterminée et droite (oreilles pointées, crins du dos hérissé, queue haute), tandis que le mâle Bêta ou Gamma se tiendra dans une attitude soumise (oreilles basses, queue baissée entre ses pattes) et pattes fléchies. Le mâle soumis peut lécher le museau du dominant, et se coucher sur le dos en acceptation de sa position dans la hiérarchie.

     

    Les loups Gévaudan

     

    Le loup émet différents sons et chacun a sa personnalité de voix reconnaissable par les autres.

    - Le hurlement qui s'entend à plusieurs kilomètres (+ de 8) essentiellement avant ou après la chasse.
    C'est aussi une manière de prévenir les autres meutes de leur présence sur le territoire. Il peut hurler juste par plaisir.

    - L'aboiement en signe d'alarme

    - Le jappement en signe de bienveillance amicale

    - Le grondement en signe d'avertissement de mécontentement

    - Le gémissement en signe de camaraderie ou de soumission.

     

    Les loups Gévaudan

    Loup de Mackenzie (Calis lupus machenzii)

     

     

    Je portais, lors de ma visite, altitude oblige... une écharpe légère.
    Ce loup (ci-dessus) semblait très joueur, non seulement il me suivait lors de mes déplacements autour de son enclos (ce qui ne rendait pas aisées mes prises de vues), mais
    il semblait très déterminé à jouer avec le bout de mon écharpe qui flottait au vent, son fouet agité de bonne humeur. Je précise tout de même qu'il s'agit d'un Loup de Mackenzie,
    l'un des plus sociables avec l'homme.

     

    Les loups Gévaudan

     

    La louve porte ses petits pendant environ 60 jours. De manière à assurer leur sécurité, elle aura pris soin de préparer plusieurs tanières à différents endroits (pour les déplacer en cas de danger) et près de points d'eau. En effet l'allaitement des petits nécessite un grand besoin d'eau pour elle. Pendant cette période elle prévoit une réserve de nourriture et aucun autre loup n'est en droit de s'approcher trop près de la tanière. Le mâle Alpha et le reste de la meute protègent la femelle et de ses louveteaux en restant toutefois à proximité pour éloigner les intrus.

    Au bout de deux mois, elle donne jour à 4 ou 5 petits dont le poids est en moyenne de 400 grammes. Comme les bébés chiens ils sont privés de vue et d'ouïe, et arborent un pelage très court et brun. Si vous avez déjà vue une maman chien avec ses petits, son comportement est similaire à celui de la mère louve.

    Pendant la période d'allaitement et une fois les réserves épuisées, la femelle est alimentée par la meute entière. Les louveteaux la sollicite fréquemment pour manger. Les petits grandissant, la mère pendant ses périodes de chasse ou de repos, laisse ses petits sous la protection d'un ou d'une "nounou".

    A trois semaines, les yeux des petits s'ouvrent, et ils commencent à se déplacer. Au bout de six semaines environ, la mère commence le sevrage et ils quittent la tanière devenue trop étroite. A deux mois révolus, la mère déplace ses petits vers la proximité des proies. Le groupe peut alors laisser les petits livrés à eux-mêmes pendant la chasse. A trois mois, ils ont le pelage d'adulte, et quatre mois plus tard, ils sont prêts à suivre la meute. La maturité est atteinte à 2 ans pour les femelles et à trois pour les mâles.

    Les dangers sont multiples pour les louveteaux (grands rapaces, ours selon les régions...). Seuls 20 à 50 % d'entre eux atteindront l'âge adulte.

    Les louveteaux sont très joueurs, que ce soit avec des choses de leur environnement ou avec les adultes. Ces derniers se montres tolérants et patients envers eux quand ils réclament de la nourriture. Quand ils grandissent, l'ensemble des adultes se charge de leurs enseignements (respect des règles et art de la chasse) et de leur éducation et cela, dans une grande tendresse.

     

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    Le loup et sa place sur terre

     

    - Le loup à sa place sur la terre depuis environ 2 millions d'années.

    - Ses premières traces se trouvent sur le continent américain et ensuite en Eurasie.

    - Il s'est ensuite répandu dans tout l'hémisphère Nord. 

    - Les déserts et la forêt tropicale, ont stoppé sa progression sur le sud, à l'instar des très hauts sommets, trop rigoureux.

    - Leur très grande capacité d'adaptation en fait l'unique concurrent de l'homme.

    Il n'aura fallu que deux cent ans pour que la population du loup passe de très répandue à quasi disparue. L'humain le persécute depuis des siècles pour construire les villes, étendre ses cultures. Le loup timide et prudent se voit obligé de se replier dans des espaces ou l'homme refuse de s'installer. La fluctuation de la population rend quasiment impossible de faire une estimation précise du nombre d'individus. Les chiffres ci dessous sont donc approximatifs.

    - Population mondiale fin 2000 : entre 190 000 et 217 000 loups

    Trois pays comptent une population importante 

    – En Russie au début des années 2000 : 25 000 à 30 000 loups
    – Au Kazakhstan : environ 30 000 loups
    – Au Canada : de 52 000 à 60 000 loups

    En Asie

    - En Mongolie : entre 10 000 et 20 000 loups
    - En Chine : environ 12 000 loups

     Ailleurs il survit plus qu'il ne vit, et sous la forme de petites populations isolées. 

    - Aux États-Unis : 15 000 à 16 000 individus en incluant l'Alaska, où il est encore assez fréquent

    - Il est protégé et au bord de l'extinction au Mexique où il ne reste que quelques individus

    En Europe, selon les pays, sa situation est très variable. 

    - En Europe orientale et centrale (outre la Russie, notamment en Biélorussie) : 2 000 à 2 500 loups, 
    - En Ukraine : environ 2 000 individus
    - En Roumanie : environ 2 500 bêtes

    Une situation très critique en Europe occidentale : 

    - En Espagne : environ 2000 individus (c'est le pays ou le loup se porte le mieux) 

    - En France : Il y avait environ 5000 loups au début du 19° siècle ; plus que 500 en 1900 et une dizaine en 1930. Il a ensuite rapidement totalement disparu du territoire. Il est réapparu en 1992 en France dans les Alpes (Mercantour) par quelques individus isolés venus d'Italie. La population estimée à ce jour est de 80 à 100 loups sur le territoire Français.

    Le loup en Europe de l'Ouest a disparu :

    - En Angleterre en 1486
    - En Ecosse en 1770

    Cependant, des mesures de protection et l'application de permis de chasse soumis à des conditions très strictes assurent un peu partout la remontée des effectifs, voir sa réapparition dans certains pays dans lesquels il avait totalement disparu.

    - En Italie, le Progetto Lupo (« Projet Loup ») initié par le WWF (Fonds mondial pour la nature) lui a été favorable. En 1970, on recensait une centaine de loups. En 2000, on en recensait entre 500 et 700. 

    - En Suisse, au début des années 2000, quelques individus sont arrivés d'Italie et de France.

     

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    Magnifique prédateur et régulateur écologique

     

    Dans les régions où les grands cervidés sont en très grand nombre comme le Canada et l'Asie du Nord, le couvert forestier (l'ensemble formé par les cimes des arbres) subit une dégradation importante et constante en raison du surpâturage. 

    Malgré la création en 1940 du parc national de l'Isle Royale, la population d'élans variait de 1000 à 3000 bêtes selon les périodes (d'abondance ou de famine). 

    D. Mech et de son équipe ont démontré au travers une étude, qu'avec l'arrivée des loups en 1949, l'effectif s'est stabilisé entre 600 et 800 bêtes en quelques années. 

    Il s'avère que 225 élans naissent chaque année dans le parc national. Les 25 loups du parc se nourrissent de 85 adultes et de 140 jeunes, soit 225 cervidés.

    Depuis que les loups régulent la population des élans, la forêt ne présente plus d'indice de surpâturage ! Il est donc un superbe protecteur de l'environnement.

    A contrario, dans les régions où les loups ont été systématiquement tués (Pologne pendant la seconde guerre mondiale), les rennes ont été les victimes de maladies épidémiques de grande ampleur. 

    Avant la seconde guerre mondiale, les loups s'occupaient de réguler les populations dans le sens inverse à l'exemple précédent, c'est à dire en éliminant les bêtes faibles, vieilles ou malades.
    Ainsi, la sélection des bêtes saines et résistantes se faisait naturellement.

     

    Les loups Gévaudan

     

    Régulation de la population des loups.

     

    Après plusieurs années de bonne reproduction au sein d'une meute, une majorité de petits parvenant à l'âge adulte, le nombre de loups augmente.
    La population des loups est donc en bonne santé. Cette augmentation de la population de loups entraîne des causes et effets :

    - Les rivalités augmentent dans la meute ce qui entraîne des exclusions ;

    - La rupture de la cohérence du groupe freinant les accouplements et les soins aux louveteaux ;

    Par ailleurs...

    - Plus la population est importante plus il faut de proies, et donc plus les risques de famines sont importants ; 

    - Avec le manque de nourriture les loups s'affaiblissent, perdent leur résistance, deviennent de plus en plus sensibles aux parasites tels les poux, puces, gale... Donc la natalité baisse de nouveau et la population s'auto-régule. 

    Si des modifications de l'environnement apportent une réduction de la masse potentielle de proies, il s'ensuit par conséquent une diminution de la natalité des loups. 

    En conclusion, le comportement social des loups est en réalité le meilleur obstacle à ces proliférations qui sont observées chez les renards ou les chacals, dont l'organisation n'est pas aussi structurée et établie.

     

    Les loups Gévaudan

    Loup gris - Canis lupus (source photo Wikipedia)

    Les loups Gévaudan

     

     

    Le loup gris (appelé simplement loup) est d'un tempérament timide et prudent, essentiellement devant l'humain qui depuis très longtemps s'acharne à vouloir l'exterminer. La construction sociale peut aller du couple à une meute d'une vingtaine d'individus selon 
    que les proies sont grandes et nombreuses.

    Il a une allure de chien de traîneau (Husky) et du berger allemand, malgré quelques différences morphologiques.
    Le loup présente un museau fin, des joues musclées, des oreilles écartées courtes et dressées. Les flancs sont creux, il porte une queue basse, courte et épaisse. Il arbore de longues pattes, coudes antérieurs tournés vers l'intérieur. Ses griffes à croissance continue et non rétractiles lui permettent de creuser la terre pour rechercher les petites proies mais également pour enterrer les restes de nourriture et se fabriquer sa tanière. Son thorax est étroit, sa respiration rapide. Il est agile et rapide, grâce à sa morphologie robuste, et apte à l'endurance. Il peut courir 100 km sur une seule nuit, en recherche de nourriture. Sa vitesse de pointe est de 64 km/h sur quelques centaines de mètres.

    L'espèce Canis lupus regroupe une vingtaine de sous-espèces. 

    Il semblerait que le pelage du loup s'adapte à l'environnement et au climat dans lequel il vit. Son pelage varie du noir au blanc, selon son habitat.Dans les endroits très boisées ils ont une couleur sombre assez uniforme. Ceux des régions septentrionales arborent des couleurs diverses, toujours nuancées de poils gris, bruns ou blancs.

     

    Les loups Gévaudan

    Loup arctique (Canis lupus arctos)

     

     

    Les loups arctiques semblent blancs (pourvus d'un duvet très dense qui les protège mieux du froid), mais, quand on les approche, ils laissent voir des nuances de gris, de noir et de roux.

    Ces différents pelages leur permet de mieux se confondre avec leur habitat et d'être discrets dans l'environnement. Les individus vivant dans les régions tempérées muent en fin d'hiver et semblent alors beaucoup plus fins.

    Ce sont de très bons nageurs, capables de poursuivre leur proie jusque dans l'eau glacée. Ils possèdent une ouïe et un odorat très sensibles. Leur vision saisit mieux les sujets en mouvement. 

    S'il leur arrive de prendre un humain pour une proie, et selon le naturaliste A. W. F. Banfield, dès qu'ils perçoivent l'odeur de l'homme, il prennent la fuite, effrayés.

     

    Les loups Gévaudan

     

    Les signes particuliers des loups

     

     

    Nous avons précédemment vu que le loup hurle. Ce hurlement à des durées variables pouvant dépasser 10 secondes et comprenant plus de douze tonalités. C'est aussi le plus puissant des sons émis par le loup. Nous pouvons l'entendre (pour l'oreille humaine) à une distance de 8km. Cependant, les loups entre eux doivent probablement s'entendre de plus loin.

    Ils hurlent, qu'ils soient en solitaire ou en meute, et quelque soit leur position (debout ou couché), sans distinction d'âge ni de période de l'année.

    Les yeux des loups sont en forme d'amande. Leur iris peut présenter des couleurs brunes ambrées ou bleu pâle. Ils ont une bonne vue, mais utilisent leur odorat pour chasser.

    Le loup possède 42 dents caractéristiques des carnassiers, solides et pointues pouvant atteindre 2,7cm. La puissance de leur mâchoire à une pression de 15 kg au cm2 qui lui permet de casser un fémur d'ongulé adulte (type élan) avec ses prémolaires. Vers l'âge de dix ans, les canines du loup sont usées, et il a alors de la difficulté à pouvoir se nourrir pouvant aller jusqu'à mourir d'inanition.

    Le loup possède des pattes musclées et élancées. Ses antérieurs possèdent 5 doigts dont un ne laisse pas d'empreinte au sol. Quand il marche, la patte arrière droite vient se poser dans la marque laissée par la patte avant gauche. Il laisse donc une trace rectiligne sur le sol, trace très caractéristique. Il est possible d'évaluer le nombre de loups quand ils se déplacent sur une courbe. Le pied du loup possède cinq coussinets : un grand central et quatre petits sous chacun des doigts.

     

    Les loups Gévaudan

    Chronologie de l'évolution du loup

    - Il y a 40 millions d'années, Miacis (ancêtre commun des canidés et félidés) évolue en Amérique du Nord. 

    - Il y a 30 millions d'années, arrive l'Hesperocyon. Beaucoup de fossiles de cet ancêtre ont été retrouvés jusqu'en Europe. Il ressemblait à une genette. 
     
    - Il y a 10 millions d'années apparaît Tomarctus. Il semblerait selon les paléontologues qu'il ait été le premier véritable canidé. N'ont été trouvés que des cranes et leurs dents, mais il est supposé que les pattes sont semblables à celles des canidés actuels.

    - Il y a environ 3 à 4 millions d'années, en Europe occidentale, apparaît Canis donnezani, premier du genre Canis.

    - Il y a 2 millions d'années, l'Homo habilis est déjà présent quand les premiers loups (Canis lupus) apparaissent. 

    Les bouleversements climatiques de la planète entraînant une "migration" des grands herbivores, le loup, suivant ses proies se déplace lui aussi vers l'Eurasie et l'Amérique du Nord.

     

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    L'ensemble des scientifique s'ont en accord pour dire que le loup est l'ancêtre le plus probable du chien domestique. Il a été découvert qu'au mésolithique et au néolithique, une sorte de chien vivait déjà auprès des hommes. En effet, des fouilles aux U.S.A. et sur le continent Européen, on permis de découvrir des ossements datant de 9.000 à 14.000 ans

    Le fait de domestiquer le chien a généré au fil du temps des transformations de ses organes et de ses sens. La finesse de ses sens s'est amoindrie. Son cerveau a perdu plus de la moitié de son poids (par rapport à celui du loup). Cela ne veut pas dire pour autant que le chien soit moins intelligent, mais il s'est simplement adapté à la compagnie des hommes. Il manifeste cependant encore certains comportements observés chez les jeunes loups. Les chiens domestiques délaissés et retournant à la vie sauvage retrouvent les comportements ancestraux du loup.

    Subissant le harcèlement de l'homme depuis le Moyen Âge, le loup a bien du mal à jouer son rôle prépondérant au sein de la nature. Il serait donc indispensable pour sa survie et pour l'équilibre de la planète de respecter cette espèce dans notre environnement qui a besoin de lui. 

    La peur du loup est toujours bien ancrée dans nos esprits, alors que l'espèce à quasiment disparu. Son avenir ne dépend QUE DE NOUS et de notre pleine conscience de son entière place dans la biodiversité. Ils ont besoin de territoires pour mener leur vie, territoires que leur simple présence maintient en équilibre. 

     

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    L'histoire légendaire raconte qu'une louve aurait nourri Romulus, futur fondateur de Rome, et son jumeau Remus. 

    D'autres histoires similaires, notamment la légende Indienne, racontée par l'écrivain Rudyard Kipling en 1984, avec "Le Livre de la Jungle", relate l'adoption par le clan des Loups d'un "petit d'homme", Mowgli.

    Ces histoires ont fort peu de probabilité d'avoir pu être réelles. En effet, la croissance du petit d'homme n'est pas du tout la même que celle des louveteaux, et il n'aurait pu suivre leur rythme ni leur régime alimentaire.

    Le loup a, de tous temps, été considéré en Europe comme étant un animal nuisible et malfaisant. Par superstition, et avec cette mauvaise presse, rencontrer un loup était alors signe d'un funeste présage.

     

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    La cohabitation entre homme et loups remontent au paléolithique, mais c'est au Moyen Âge en Occident, qu'il devient la bête à abattre. En effet, les populations des hommes sont décimées par les guerres, le froid, les épidémies, la disette... Les cadavres abandonnés sans sépultures attirent les loups, et ces cadavres deviennent des repas faciles. Ils se rapprochent donc de plus en plus des habitations, et les histoires d'attaques de loups deviennent monnaie courante.

    Dans la réalité, on ne connait que peu d'attaque de l'homme par le loup. Mais la mauvaise réputation du loup était faite, et par voie de conséquences la "guerre" lui est déclarée. De cette période jusqu'au début du 20° siècle, on accordait même des primes aux tueurs de loups.

    Cette peur acharnement envers les loups, intimement liée à la peur des hommes à son égard suit malheureusement le cours de la civilisation. On use d'ingéniosité pour parvenir à l'attraper. On équipe les gros chiens de garde de gros colliers dotés de pointes acérées pour les protéger des loups. Au 18° siècle on utilise le poison et les armes à feu pour le décimer.

     

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    Dans le Grand Nord canadien, la chasse aux loups en moto-neige est un sport très apprécié des amateurs ce qui ne leur laisse aucune chance face au armes de précisions et à la rapidité de leur moyen de transport.

    Pourtant, aussi féroce qu'on le prétende, un loup pris dans un piège renoncera à résister. Face à un loup, un gros bâton et quelques cailloux bien lancés suffisent à lui faire battre retraite,
    dans le cas où, et ce serait surprenant... il ne l'avait pas fait à votre approche.

     

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    Quelques hommes se battent pour les Loups !

     

    Les loups ont disparu de la planète en de nombreux endroits. Des espoirs se portent cependant sur les années à venir grâce à un regard appuyé sur des études biologiques fondées et de moins en moins que sur des réactions de peurs.

    Europe et Asie :  Depuis 1973, la Commission du service de sauvetage (CSS) de l'Union mondiale pour la nature (UICN) a mis en place une initiative intéressante : la création d'un groupe de spécialistes des loups. Des éco-éthologistes de plusieurs pays se réunissent ainsi de manière régulière. Ils travaillent à l'étude des populations, à la conservation de l'espèce et à l'information du grand public (tâche ardue). 

    Le premier principe est celui-ci : « Le loup, comme toute espèce vivante, a le droit d'exister à l'état sauvage. Ce droit ne dérive en aucune façon de la valeur qu'il peut avoir éventuellement pour l'homme. Il découle du droit que possèdent toutes créatures vivantes, 
    en tant qu'éléments des écosystèmes naturels, de coexister sans être entravées par l'homme. » (D.H. Pinlott, 1973.)

    (NB personnelle : Quand on connaît le population de Loup en France, on se dit que les Français n'en ont strictement rien à faire !)

    Différentes mesures de protection ayant été prises au niveau de l'U.E. et ont permis d'accroître les effectifs du loup dans plusieurs régions de l'Europe occidentale. L'espèce reste rare et menacée malgré ces avancées positives. La présence du loup impliquant de gérer les dégâts qu'il occasionne sur les troupeaux (les moutons essentiellement), les éleveurs des régions pastorales ont donc bien du mal à accepter cette cohabitation malgré les indemnisations versées en cas de perte d'animaux.

    En Égypte ancienne le loup était vénéré comme un de ses dieux les plus importants.
    En Inde il est considéré comme un animal sacré. 
    Les Inuits ont compris depuis fort longtemps son rôle écologique et le respectent, s'en faisant même un allié lors des chasse. 

    Les autres populations sauront-elles un jour et finalement, suivre l'exemple de ces peuples, 
    à savoir vivre dans l'harmonie avec ces loups rescapés du massacre humain ?  

     

      

    Chronique d'une disparition : Le loup rouge

     

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    Source photo : http://instinctanimal.canalblog.com/archives/2009/01/15/12099507.html 

     

    Le Loup rouge (Canis rufus) n'était pas dangereux, même pour le bétail. Il étendait sa domination dans les forêts de pins inviolées, les marais et les savanes côtières de la plupart des États du sud-est des États-Unis. Pourtant, dès la fin du XIXe siècle et jusqu'en 1963, des campagnes d'extermination ont été mises en oeuvre. En cette première moitié du XXe siècle, 10 275 loups ont été abattus dans les États de l'Arkansas, du Texas et de l'Oklahoma par les agents fédéraux américains.

    Dans les années allant de 1930 à 1940 un étrange phénomène s'est alors produit. Un grand vide écologique s'est créé dans les régions où les loups, pris au piège ou empoisonnés, ont disparu totalement. A cette même époque, dans l'Ouest, au Texas, et en raison de l'irruption de l'homme dans leur habitat, on peut commencer à observer des croisements entre coyotes et loups. Ces hybrides ont alors émigré vers l'est pour occuper la place laissée vide par les loups rouges exterminés par l'homme. Les mâles de race pure étant quasi inexistants, l'hybridation à continué, augmentant la menace pour l'espèce entière Canis rufus.

    Forcément donc, les Coyotes et hybrides ont envahi des zones et sont à l'origine des problèmes de déprédation bien plus grands que ceux que les loups rouges avaient jamais posés de par leur présence.

    En 1980, le loup rouge était éteint à l'état sauvage et ne survivait plus que grâce à la captivité (merci donc aux parcs animaliers, réserves, zoos, qui ne sont peut être pas si monstrueux et porteurs de honte que certains veulent bien le dire et qui au contraire
    oeuvrent à la réintroduction des espèces que l'humain  s'est acharné à faire disparaître à l'instar du Lion de l'Atlas).

    Donc, en 1987, et à partir d'animaux en captivité, la réintroduction du Loup rouge a permis l'établissent d'une population de quelques individus dans l'est de la Caroline du Nord. Pour autant, les effectifs sont faibles (une cinquantaine d'individus adultes au milieu 
    des années 2000 et en tout, moins de 150 loups rouges dans la nature). L'espèce reste donc très proche de l'extinction.

     

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    Amarok (dans la mythologie inuit, le gigantesque esprit du loup) 

     

     

    De tous temps, Amérindiens d'Amérique du Nord et Inuits ont considéré le loup (amarok en langue inuit) comme un associé dans la recherche de leur nourriture. 

    Par le type de chasse qu'il pratique (prélever les plus faibles d'un troupeau), le loup entretient les populations de gros gibier.

    L'homme au contraire élimine les plus beaux spécimens (les plus sains et aptes à la reproduction) agissant à l'inverse de cet entretien des populations. Les Inuits ont tiré une légende issue de cette observation, que Fairley Mowat a retranscrite en 1974. 

     

    La légende :

     

    Au début du monde, seuls l'Homme et la Femme marchaient sur la Terre. Il n'y avait aucune autre présence vivante sur terre, aucun poisson dans l'eau, aucun oiseau dans le ciel. 

    Un jour, la Femme décida de creuser un grand trou dans le sol, et en tira tous les animaux de la création. Le dernier fut le caribou. Alors, Kaïla, le dieu du Ciel, lui expliqua que le caribou était un animal qui avait une grande importance pour la race de l'Homme, et 
    que c'était le plus grand cadeau qu'elle pouvait recevoir car il ferait vivre l'Homme.

    La Femme relâcha le caribou et lui dit de se répandre sur la terre et de se multiplier.

    Bientôt, les caribous furent si nombreux qu'ils formèrent des troupeaux et que les Fils de la Femme purent vivre en les chassant. Ceux-ci ne tuaient que les animaux gros et gras, laissant les petits, les maigres et les malades, moins bons à manger. Un jour, il ne resta plus que ceux-ci dont les Fils ne voulaient pas de peur, en les mangeant, de devenir faibles et malades comme eux.

    Les Fils allèrent se plaindre à la Femme qui alla à son tour se plaindre à Kaïla. Le dieu du Ciel écouta les demandes de la Femme, puis il alla rendre visite à Amarok, l'esprit du Loup. Il lui demanda que ses enfants, les loups, mangent les caribous petits, maigres et malades pour que les troupeaux redeviennent nombreux, les animaux gros et gras, et que les Fils de la Femme puissent de nouveau les chasser.

    Amarok, l'esprit du Loup, accepta et désormais les loups mangèrent les caribous les plus faibles pour que les troupeaux restent sains. Et pour les Fils, le loup et le caribou ne sont devenus plus qu'un.

    Car, si le caribou nourrit le loup, le loup conserve le caribou en bonne santé.

    Puisse cette légende et une réflexion profonde de chacun de nous, nous permettre de comprendre que nous avons tous notre place sur cette magnifique planète, qu'il est urgent de cesser de la détruire par profit, et qu'une cohabitation équitable est possible avec un peu de bonne volonté.

     

     La photo et moi

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