• Les Fous de l'Île Rouzic

    Les Fous de l'Île Rouzic (Septembre 2014)

    Réserve naturelle nationale des Sept-Îles

     

    Clic sur les vignettes pour les ouvrir en grand.

    Région Bretagne
    Département Côtes-d'Armor

    Ville proche Perros-Guirec
    Coordonnées 48° 53′ 12″ Nord 3° 28′ 53″ Ouest  
    Superficie 320 ha
    Création 18 octobre 1976
    Administration Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)
    Géolocalisation sur la carte : France

     

    La réserve naturelle nationale des Sept-Îles (RNN32) est une réserve naturelle nationale située en Bretagne dans les Côtes-d'Armor.
    Elle a été classée en 1976 et occupe une surface de 320 ha répartie sur cinq îles principales.
    Elle protège d'importantes colonies d'oiseaux marins en particulier de Fou de bassan, de Macareux moine, de Puffin des Anglais et de Pingouin torda.

     

    La Réserve naturelle des Sept-Îles s'étend sur tout l'archipel des Sept-Îles en face de Perros-Guirec dans les Côtes-d'Armor, région Bretagne.
    Sa superficie terrestre est de 40 ha, sa zone maritime d'environ 280 ha, répartie sur un plateau rocheux granitique.
    Elle comprend les îles suivantes :

     

    L'Île Bono (21,6 ha)
    L'Île Plate (5 ha)

    L'Île aux Moines (9,4 ha)
    L'Île Malban (1,2 ha)
    L'Île Rouzic (3,3 ha)
    Le Cerf
    Les Costans

     

    L'île aux Moines étant la seule île de l'archipel à posséder de l'eau douce en permanence, elle a été habité irrégulièrement.
    Elle possède un phare et un fort du XVIIIe siècle.

     

    En 1912, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest organise des safaris dont l'objet est de tirer sur les macareux moines qui colonisent les Sept-Îles.
    En 2 ans, leur nombre passe ainsi de 20 000 à 2 000 oiseaux.
    Une poignée d'amoureux de la nature s'en émeut et obtient que la chasse des oiseaux soit officiellement interdite sur l'archipel.
    La première réserve ornithologique privée est créée cette même année sous le nom de Site naturel protégé.
    Elle devient en 1976 une Réserve naturelle.

     

    En considérant son histoire, elle peut être considérée comme la plus ancienne réserve naturelle en France.

     

    L'intérêt du site est essentiellement ornithologique (23 000 couples d'oiseaux et 27 es­pèces ni­cheuses).
    Il s'agit de la plus importante réserve naturelle du littoral français.
    L'Île Rouzic est le seul point de nidification en France pour le Fou de bassan (21 880 couples de janvier à septembre) ainsi que pour la quasi-totalité
    des Macareux moines (200 couples en 2013, de mars à juillet), Puffin des Anglais (157 couples), et Pingouin torda (32 couples de février à juillet).

     

    Outre les espèces mentionnées ci-dessus, on compte aussi d'autres nicheurs comme le Goéland argenté (1 406 couples de décembre à septembre),
    le Goéland brun (643 couples), le Cormoran huppé (373 couples de décembre à août), le Guillemot de troïl (36 couples de février à juillet),
    le Fulmar Boréal (85 couples de décembre à septembre), la Sterne pierregarin (40 couples), l'Huitrier pie (75 couples), la Mouette tridactyle, etc.

     

    On y rencontre aussi une colonie de 304 phoque gris résidents à l'année.

     

             

     

          

     

    Intérêt touristique et pédagogique

    L'archipel des Sept-Îles est accessible toute l'année, au départ de Perros-Guirec par différents moyen de navigations. 
    Une escale sur l'Île aux moines est possible.

     

    Sur l'île principale sont construits 4 bâtiments : le phare, le fort, la caserne et la poudrière.
    Des travaux viennent d'avoir lieu dans le fort pour lui permettre d'être ouvert au public.
    Ces travaux, commandés par le Conservatoire du Littoral, ont été étudiés et suivis par l'Architecte du Patrimoine Régis Ribet, de l'agence Softage (Le Loroux Bottereau - 44).

     

    Administration, Plan de gestion, règlement

    La réserve naturelle est administrée depuis 1912 par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) avec l'accord de l'Office national de la chasse
    et de la faune sauvage. La LPO gère aussi la station ornithologique de l’Île-Grande où elle propose expositions, liaisons vidéo avec la réserve, et visites guidées.

     

    Le 26 mai 1993, le Conservatoire du littoral devient propriétaire de l'île aux Moines, principal lieu d'implantation des colonies d'oiseaux.

     

    Outils et statut juridique

    La réserve naturelle a été créée par l'Arrêté ministériel du 18 octobre 1976.

     

    Le réseau Natura 2000 est aussi présent sur ce site classé comme Zone de Protection Spéciale (ZPS) - (FR5310011) en septembre 1996. 

     

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    Avant cette sortie en mer, je pensais m'être préparée à ma rencontre avec les Fous de Bassan sur l'Île Rouzic.

    Que nenni ! Il faut le voir pour le croire et se rendre compte ce que sont réellement ces magnifiques oiseau(mais ça, je le savais déjà ;-)
    Ce sont des émotions que j'ai rarement ressenti. Elles me sont venues avec les chevaux, la première fois ou j'ai vu des Orques,
    mes approches avec les Loups, mes premières rencontres avec les colonies de Guêpiers d'Europe,  mes approches avec les Cerfs.
    Il n'y a pas de mots pour le décrire, juste les larmes d'émotions mouillent les yeux !


    Avec leur envergure qui peut dépasser les 2m, ils sont très impressionnant quand ils viennent voler à quelques mètres au dessus de nos têtes !

     

                

     
    A l'approche de l'Île, on a presque le sentiment qu'elle est couverte de neige.

    Il faut envisager qu'il y a généralement un oiseau au nid et l'autre en vol. C'est de cette manière que les scientifiques  peuvent les comptabiliser par des clichés
    pris du ciel et grâce à un logiciel de comptage. Cette année 14.443 couples ont été dénombrés et avec les célibataires et veufs, un total d'environ 40.000
    oiseaux au plus fort de la saison.

     

    Lors de ces clichés, un certain nombre de jeunes de l'année étaient déjà partis pour la Mauritanie ou il vont passer leur adolescence.
    Ils ne reviendront sur l'Île Rouzic que vers quatre ou cinq ans pour  apprendre leur rôle de futurs parents en observant les adultes et enfin se reproduire à leur tour.

     

                

    Les célibataires, les immatures et les veufs n'occupent pas la même partie  de l'île que les couples en mesure de se reproduire.

     

    A certains moments, il y a comme des "éruptions" d'oiseaux.  

                

    Sur la première photo au dessus à gauche, en haut au centre du cliché, vous pouvez distinguer deux jeunes de l'année, au plumage presque noir.

    Ce ne sont pas des Cormorans, mais bien des jeunes Fous de bassan. 

     

    Les Fous de l'Île Rouzic

    Sur cette photo, vous pouvez voir le point d'observation de la LPO 

    Située sur le rivage, à quelques encablures de la réserve, la Station LPO de l'Île-Grande assume trois fonctions :

    C’est d’abord le siège du personnel gestionnaire de la réserve naturelle, employé par l’association pour remplir les missions d’Etat visant à garantir la pérennité des 
    richesses naturelles sur l’espace protégé par des suivis scientifiques affinés,  dans le respect des réglementations en vigueur.

    C’est aussi un lieu d’accueil et d’éducation à l’environnement. Une muséographie interactive initie à l’écologie des oiseaux de l'archipel (on peut notamment y 
    observer les Fous de Bassan filmés en continu depuis l’Ile Rouzic) et sensibilise à la préservation du milieu marin. 

     

    C’est enfin la base d’un centre de soins pour oiseaux sauvages en détresse, membre de Union française des centres de soins, spécialisé dans le traitement des 
    oiseaux mazoutés et habilité à recueillir l’ensemble de l’avifaune bretonne.


    Les Fous de l'Île Rouzic

    Le fou de Bassan est le plus grand oiseau marin vivant en Europe.
    Sa silhouette est tout à fait exceptionnelle : son corps forme un fuseau effilé aux deux extrémités. Le bec est acéré en poignard, la queue est pointue mesurant une
    vingtaine de centimètres et présente six paires de plumes (les rectrices) en dégradé, leur longueur diminuant du centre vers les côtés.

    Mâles et femelles adultes sont presque entièrement blancs, à l'exception du triangle noir du bout des ailes et d'une nuance chamois clair à l'arrière de la tête.
    Le bec blanc bleuâtre est parcouru de fins traits noirs nettement dessinés. Sous le bec existe une mince bande de peau sombre dépourvue de plumes
    appelée "trait gulaire". 


    Le jeune fou quant à lui se distingue nettement de l'adulte par un premier plumage radicalement différent. De très loin, on peut apercevoir une sorte de pointillé
    qui correspond, en fait, aux taches formant un petit triangle blanc à l'extrémité de chaque plume de couverture. Ce plumage si caractéristique permet
    au jeune de ne pas être confondu par l'adulte avec un rival potentiel et évite ces réactions d'agressivité dont l'espèce est prodigue.
    Les mues graduelles étalées sur plusieurs années ne sont le fait que de grands oiseaux, comme les rapaces ou les oiseaux marins, dont la maturité
    sexuelle est différée. Il faut ainsi plus de trois ans au Fou de Bassan pour passer du plumage brun moucheté de blanc du juvénile à la parure neigeuse de l'adulte.
    Les phases successives peuvent permettre à des spécialistes de déterminer l'âge des oiseaux. En revanche, l'aspect bigarré des fous immatures, dont le plumage
    mêle le brun fuligineux et le blanc, conduit parfois des observateurs peu familiarisés avec l'espèce à les confondre avec d'autres oiseaux marins.

    Plusieurs caractères permettent au fou de s'adapter à l'eau et à l'air. L'œil assure une bonne vision hors de l'eau – condition indispensable à la perception d'un poisson
    à 40, voir 50 m au-dessous de lui – mais aussi sous la surface de l'eau. Comme d'autres oiseaux aquatiques, les cormorans par exemple, le fou peut accommoder sa vision afin
    de compenser les effets trompeurs d'une diffraction de façon considérable (entre 40 et 50 dioptries). La modification de la courbure de l'œil est obtenue grâce
    à l'action de muscles comprimant un cristallin assez souple.


     Les yeux sont gris clair, entourés d'un cercle orbitaire bleu clair, tranchant sur une zone de peau nue gris foncé. 
    Ils sont légèrement tournés vers l'avant et vers le bas, pour permettre à l'oiseau de scruter la surface de l'eau sans avoir à diriger exagérément la

    tête en direction de l'océan et à réduire ainsi son aérodynamisme. En revanche, le Fou doit quelque peu lever le bec lorsqu'il cherche à regarder en face de lui.
    Lors des parades, la posture du bec pointé vers le ciel est courante, mais elle n'empêche pas les fous de continuer, grâce à la disposition particulière de leurs yeux,
    à suivre les mouvements de leur partenaire ou de leur adversaire.


    Le cou est long et d'une souplesse exceptionnelle, grâce à la constitution des 8° et 9° vertèbres cervicales, qui sont capables de pivoter légèrement sur elles-mêmes.

    Les Fous de l'Île Rouzic

     

    Les Fous de l'Île Rouzic

     

    Les Fous de l'Île Rouzic    Les Fous de l'Île Rouzic    Les Fous de l'Île Rouzic    Les Fous de l'Île Rouzic

     Nous avons eu une chance immense ce jour là, les accompagnateurs ayant eu très rarement l'occasion de voir une pêche 
    aussi proche de l'île, les fous s'éloignant le plus souvent de plusieurs centaines de km pour aller chercher les bancs de poissons.
    Un banc s'est aventuré à proximité lors de notre deuxième sortie en mer et nous avons eu le droit à ce magnifique spectacle.
    Pour les photos, c'est un peu, je l'avoue, au petit bonheur la chance !
    Pas le temps de faire la mise au point sur un oiseau, ils sont beaucoup trop rapides dès lors qu'il ont décidé de plonger !
    D'autant que "cela part" dans tous les sens...

    Les Fous de l'Île Rouzic

    Le bec du fou, pointu, robuste et s'ouvrant sur une cavité buccale plutôt large, se prête de façon idéale à la capture du poisson.
    La mandibule supérieure est formée de trois plaques jointes entre elles ; la plaque centrale, supérieure, est encadrée par les deux autres, latérales.
    À l'examen de chacune des sutures liant la plaque centrale aux plaques latérales, les narines paraissent absentes. En réalité, des narines internes se trouvent
    sous la voûte du palais ; particulièrement ouvertes, elles assurent seules l'arrivée de l'air dans les fosses nasales. Bec fermé, l'air pénètre jusqu'à celles-ci par
    les commissures, légèrement disjointes. On appelle ces fentes "narines externes secondaires". Cette particularité anatomique, que l'on ne retrouve que chez les cormorans,
    empêche que l'eau n'entre de façon trop brutale dans les fosses nasales lorsque l'oiseau tombe en piqué et plonge à grande vitesse dans la mer. Le bec n'est pas percé
    de narines. Pour parvenir à la trachée, l'air passe par des orifices situés sous la mandibule supérieure. Afin d'améliorer la ventilation, en cas de forte chaleur
    conjuguée à une immobilité forcée – lors de la couvaison –, le fou ouvre grand son bec pour laisser l'air entrer plus facilement que par les commissures.

    Les Fous de l'Île Rouzic

    Les pattes et palmures sont noirâtres, chaque doigt portant une ligne claire longitudinale verdâtre, tirant sur le jaune chez le mâle, sur le bleu chez la femelle.
    Pour les pieds, ils sont, comme chez tous les pélécaniformes, entièrement palmés, les 4 doigts étant réunis par une membrane. Cette membrane supplémentaire
    contribue à l'aisance avec laquelle l'animal se propulse. Elle offre aussi une plus grande résistance à l'air, d'où la capacité qu'a l'oiseau d'opérer une décélération au moment de l'atterrissage, et cela grâce à ses 4 doigts déployés.

    Les palmures, richement irriguées de sang, servent lors de la couvaison des œufs, car elles remplacent les plaques incubatrices également très irriguées et
    démunies de plumes qui remplissent ce même rôle chez les autres oiseaux et qui sont habituellement situées sous le ventre. L'adulte recouvre ainsi l'œuf de ses
    larges palmures en lui dispensant la chaleur nécessaire au développement de l'embryon.

    La dernière fonction des pattes est de l'aider au décollage lorsque il prend son élan à partir de la surface de l'eau en la fouettant de ses palmes et en courant
    sur quelques mètres.

     

    Longue, étroite et pointue, l'aile du fou comporte un nombre élevé de plumes, elles aussi étroites et rigides. Si on la compare à celle du héron cendré,  dont l'envergure
    est aussi importante, on remarque que celle de ce dernier compte 10 plumes de moins. Cette structure explique la puissance et la souplesse en vol du Fou, qui peut ainsi
    alterner à volonté le plané haut dans le ciel et les battements d'amplitude variable au ras des vagues.

     

     Les Fous de l'Île Rouzic

     

    C'est au cœur ou à la fin de l'hiver (selon la latitude),  que les fous reprennent le chemin de la côte, choisissant une falaise, pour se retrouver en colonies d'une dizaine à
    plusieurs milliers de couples et faisant face au grand large. Les mâles, précédent les femelles de quelques semaines. Ils reprennent possession du nid occupé l'année précédente.
    Les jeunes oiseaux prêts à en créer un nouveau arrivent généralement un peu plus tard. Les partenaires, plutôt fidèles dans l'ensemble, resserrent au printemps leurs liens conjugaux. 

    La parade nuptiale des fous est toujours très ritualisée. Le mâle commence par prendre position sur l'emplacement de l'ancien ou du futur nid.
    Pour signaler à la colonie qu'il est sur son espace il secoue la tête d'un côté à l'autre, entrecoupant ses mouvements latéraux de hochements de tête, le bec pointé tantôt
    vers le nid, tantôt vers sa femelle qui de son côté surveille ce manège du ciel ou de la terre ferme, pour finir par le rejoindre.
    Quand sa compagne approche, le mâle, plutôt virulent, lui pince la nuque de son bec.  La femelle se détourne avec dédain. La cérémonie nuptiale peut alors commencer.

    Dans un concert de cris gutturaux, le couple se fait face, poitrine contre poitrine, ailes tantôt ouvertes tantôt à demi fermées, puis déployées.
    Ils redressent leur cou, s'entrechoquent les becs tels deux épéistes. À la fin du tournoi ponctué de courbettes, d'entrecroisements de cous, les deux oiseaux dresse la
    tête derrière le dos de l'autre. La femelle donne enfin son acceptation à l'accouplement en secouant sa tête puis se couchant sur le sol.
    Le mâle monte sur son dos et s'y maintient le temps nécessaire en lui pinçant les plumes de la nuque et en déployant ses ailes.

     

    Une autre ébauche de parade suivra l'accouplement, les deux partenaires se frottant simultanément du bec les plumes du cou pour une sorte de toilette.

    Les Fous de l'Île Rouzic


    En dessous, voici un jeune fou de l'année.
    Les parents font tellement bien leur travail  de nourrissage, que quand arrive le temps de quitter le nid, les jeunes sont en surpoids d'environ 2kg
    ce qui les rend totalement incapable de quitter la surface de l'Océan.
    Ils vont donc passer une quinzaine de jours à nager et... à la diète pour perdre le poids superflus et ainsi pouvoir
    se joindre aux adultes dans leur art de la pêche en piqué. 

       

     

    La magie a tellement bien opérée que nous y avons fait une seconde sortie, et la marée basse (coef 114 ce jour là) qui nous a permis de rester cette seconde fois beaucoup
    plus longtemps autour de l'île.  J'avoue qu'attendre que la marée remonte pour rejoindre la terre n'a pas été pour moi très difficile ;-)

     

    Cette deuxième sortie nous réservait de plus une magnifique surprise, rare autour de leur lieu de vie (photos à venir).

     

    Ce sont des moments fascinants, un émerveillement magique que nous avons eu bien du mal à quitter. 

     

     Les Fous de l'Île Rouzic      

    (Fous de Bassan adulte photo 2 et Fou de Bassan juvénile photos 3 et 4 ci-dessus)   

     

             

    (Dans sa seconde année : avec col gris - Ailes tachetées : dans sa quatrième année)

     

     Les Fous de l'Île Rouzic   Les Fous de l'Île Rouzic   Les Fous de l'Île Rouzic

     Le fou de Bassan (Morus bassanus), appartient, avec 9 autres espèces de la famille des sulidés, à l'ordre des pélécaniformes.
    On le retrouve à côté d'autres oiseaux aquatiques comme les pélicans, les cormorans et les frégates.
    En dépit d'une morphologie qui varie d'une espèce à l'autre, tous les pélécaniformes possèdent un point commun anatomique : un pouce plus ou moins ramené vers l'avant
    et toujours relié au doigt interne par une palmure. Ce caractère ne se rencontre que chez les membres de cet ordre, dont l'origine remonte sans doute
    à la fin de l'ère secondaire.

    On suppose qu'en ces temps reculés, il existait des pélécaniformes primitifs qui, par la suite, vers le début de l'ère tertiaire, se diversifièrent beaucoup.
    C'est ainsi qu'apparurent des oiseaux aquatiques incapables de voler, comparables, du point de vue écologique, aux manchots de l'Antarctique.

    Ces pélécaniformes spécialisés, appelés « plotoptéridés », sillonnèrent les eaux du Pacifique nord, de l'oligocène au miocène, puis ils s'éteignirent.

    Les pélécaniformes fossiles connus à ce jour vivaient en Europe et en Afrique à l'éocène inférieur. On leur a donné les noms de Prophaeton, d'Odontopteryx ou encore de
    Sigantornis. Les fragments de squelettes ne permettent pas de connaître leur aspect extérieur.

    L'existence des fous sous leur forme actuelle remonte à près de 40 millions d'années, leur morphologie ayant su résister au temps. Les plus anciens fossiles connus,  
    contemporains des plotoptéridés, datent d'il y a une trentaine de millions d'années (oligocène). Certains restes ont été retrouvés dans le centre de la France, près de Gannat,
    dans le sud du département de l'Allier, et près de Ronzon. D'autres fossiles vieux de 19 et 15 millions d'années ont été découverts non loin de Bordeaux, à Léognan,
    dans des terrains du burdigalien, et en Amérique du Nord, dans des terrains de la même époque. Des restes plus récents et remontant au pléistocène ont été repérés
    dans l'océan Indien, sur l'île Rodrigues, à l'est de Madagascar.

    Les Fous de l'Île Rouzic      

    Il existe peu d'oiseaux qui laissent autant deviner leur mode de vie à travers leur aspect physique que le fou de Bassan.
    Il arbore une silhouette à la fois aérodynamique et hydrodynamique qui laisse transparaître son aisance tant dans l'air que dans l'eau.
    Il n'y a que sur la terre ferme que le Fou se déplace malaisément.  Il ne s'y rend d'ailleurs qu à l'occasion de la nidification.

    Le plus clair de son temps, il le à survoler l'océan, se posant de temps à autre sur l'eau pour s'y reposer. 
    Le vol est pour lui indissociable de l'alimentation.
    En effet, c'est du ciel qu'il scrute la surface des eaux pour y repérer les bancs de poissons, avant de fondre en piqué sur sa proie.
    Il peut bien sûr s'alimenter aussi pendant qu'il nage, en immergeant une partie de sa tête pour repérer sa cible, mais la chute en piqué reste sa technique de pêche
    la plus courante.

    Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, le fou n'attrape pas le poisson en arrivant dans l'eau mais durant la seconde phase de l'immersion,
    lorsqu'il remonte vers la surface en se propulsant à l'aide de ses ailes et de ses pattes palmées. Le temps de plongée est d'ordinaire compris entre 5 et 20 secondes.
    Il plonge à une profondeur d'environ de 3 à 5 m, capable de faire des pointes à moins de 10 m. Toutefois, les records en la matière n'ont pas été enregistrés avec
    une fiabilité suffisante. Le fou se saisit de sa proie par le dessous. Il peut faire une brève poursuite sous-marine s'il n'a pas fait mouche du premier coup. 

          

    Le Fou de bassan  est opportuniste et pêche les proies qui se présentent selon la saison.
    De nombreuses espèces de poissons figurent à son menu, se nourrissant malgré tout essentiellement dans les bancs de maquereaux, de harengs et de capelans.
     

    En dehors de ces proies vivantes, il peut à l'occasion, se contenter d'une pêche rejetée à la mer par des chalutiers, voire de déchets divers, comme des
    entrailles de poissons, l'oiseau récupérant alors ce qui flotte en surface.

    Des chercheurs ayant effectué des autopsies sur des cadavres ont retrouvé des mollusques dans certains estomacs.
    Pour autant, il semblerait qu'ils ne soient pas capturés directement par les Fous,  mais proviennent d'une pêche indirecte : sans doute s'agit-il du contenu
    stomacal des poissons ingurgités. 

                

     

                

     

                

     Le fou est un excellent voilier. Tantôt il cingle assez haut dans le ciel, tantôt il vole bas, souvent au ras des vagues dont il épouse les ondulations par un mouvement 
    de bascule d'une aile sur l'autre. Au cours de ces évolutions, les Fous peuvent former des « trains » de plusieurs dizaines d'oiseaux. 

    Lorsqu'il pique sur l'eau, le Fou de Bassan part  généralement d'une hauteur de 10 à 40 m, et, dès qu'il aperçoit sa proie, il bascule tête en avant, puis referme peu 
    à peu ses ailes pour accélérer le piqué. Une fraction de seconde avant l'impact avec le surface de l'eau, les ailes sont tendues vers l'arrière, dans le prolongement du corps, 
    de façon à mieux pénétrer l'eau. 

    Les Fous de l'Île Rouzic      

     

          

     

                

     

                

     

          

     

          

     

    Très grégaires en période de reproduction, les Fous de Bassan installent leurs nids à proximité immédiate les uns des autres.
    La densité des oiseaux atteint 2,3 nids par mètre carré. En général, les nids sont distants de 60 à 80 cm, de centre à centre.

    C'est le mâle qui seul, assure les travaux de création ou de rénovation du nid, tout du moins jusqu'à ce que la femelle ait pondu.
    Ce n'est qu'après le ponte qu'elle participera à la tâche qui se poursuivra quotidiennement tout au long de la couvaison et du nourrissage du jeune.

    Les nids sont constitués d'un entassement d'algues mêlées à des brins d'herbes, à des débris végétaux divers, de plumes, mais aussi de morceaux de filets de pêche
    et de morceaux de plastique abandonnés par les pêcheurs (ce qui peut d'ailleurs leur être fatal).
    Recueillis généralement à la surface de l'eau, ces matériaux sont cimentés par de la terre mais également avec leur propre fiente.

    Les Fous de l'Île Rouzic

    Le pillage d'autres nids n'est pas rare et peut donner lieu à d'âpres et bruyantes querelles de voisinage.
    Une fois le nid édifié, la hauteur des algues et autres matériaux peut atteindre une hauteur de 30 à 60 cm.

    La coupe interne du nid destinée à recevoir l'œuf est tapissée de matériaux de même nature que ceux ayant servi au gros œuvre, mais plus fins.
    Une fois l'amas constitué, les Fous suppriment les plus gros morceaux parmi les matériaux qu'ils ont réunis.
    Ensuite, ils façonnent la coupe par des mouvements circulaires et des pressions de la poitrine et du ventre.

     

    Ces préparatifs achevés, la femelle déposera un œuf unique, dont la coquille bleu pâle est couverte d'une couche de calcaire qui se teinte au contact du nid
    et prenant une couleur brune, allant parfois jusqu'au noir. Dans des conditions normales, une seule ponte a lieu pour la saison.
    Cependant, si le premier œuf est perdu, une ponte dite "de remplacement" sera effectuée.


    Pour éviter les combats entre couples voisins, un code de conduite très rigoureux existe chez les oiseaux nichant en colonies denses.
    Il s'agit de la "courbette", céramonial plus accusée chez le mâle. C'est une attitude hiératique, fortement agressive, destinée à défendre le nid et à repousser
    un intrus dont la proximité sera jugée intrusive.

    Les Fous de l'Île Rouzic

     

    La couvaison faite par les deux parents. Le mâle couvrant l'œuf de ses pattes en moyenne 35 heures d'affilée, la femelle 30 heures environ.
    La relève donne lieu à une cérémonie très proche de la parade nuptiale.
    Peu avant l'éclosion, lorsque le poussin se manifeste à travers la coquille par d'insistants pépiements, l'adulte fait passer l'œuf au-dessus de ses pattes, de manière à
    ne pas gêner les efforts fournis par le poussin pour briser sa coquille et en sortir. Au cours des deux premières semaines de son existence, le jeune Fou est encore couvert
    et réchauffé ses parents à tour de rôle.

    À l'éclosion, le jeune Fou de Bassan a les yeux fermés et n'est couvert que d'un duvet blanchâtre, ras et clairsemé, qui laisse apparaître une peau noirâtre.
    Il est totalement dépendant de ses deux parents . La garde du mâle dure en moyenne vingt-deux heures, celle de la femelle dix-neuf heures.
    Même au-delà des premières semaines, alors que le jeune fou n'a plus besoin d'être réchauffé, l'un des adultes demeure toujours auprès de lui jusqu'à l'envol définitif.

    Au début de sa croissance, le jeune est nourri par petites quantités à des intervalles assez rapprochés.
    Aux alentours d'un mois, des quantités plus consistantes lui seront distribuées trois fois par jour environ.
    L'oisillon ne puise pas sa nourriture dans le tube digestif de l'adulte. Il récupère généralement dans la cavité buccale de ses parents les poissons partiellement digérés
    qu'ils régurgitent. Ce réflexe de régurgitation de l'adulte est provoqué par le contact avec le bec du jeune. Au bout de quelques semaines, les parents régurgitent la nourriture à proximité du nid, ce qui leur permet de s'en éloigner. Les expéditions de pêche peuvent durer treize heures et entraîner le fou jusqu'à 160 km, voire 600 km, de la colonie.
    Il est arrivé de voir certains oiseaux à 1000 km de leur site de nidification.

     

    Le premier duvet du nouveau-né est bientôt remplacé par un second, d'un blanc plus pur, à la fois plus long et plus fourni, et assurant donc une meilleure
    protection thermique. Au bout de six semaines, le plumage juvénile apparaît, d'un brun noirâtre moucheté de blanc, commençant à se substituer au second duvet.
    Après environ 3 mois au nid (de 85 à 97 jours), le jeune n'est plus ravitaillé et doit s'élancer vers l'océan.
    Comme tous les jeunes oiseaux, il le fait avec une certaine maladresse, puisqu'il ne maîtrise pas encore suffisamment la technique de ses parents.
    Durant une à deux semaines,  il se contentera de flotter à la surface de l'eau, trop lourd pour voler il lui faudra perdre un peu de son poids.
    Il s'entraîne au fonctionnement de ses ailes puis à ses essais de vol.
    Son initiation à la pêche repose ensuite sur son instinct et sur l'imitation des oiseaux qui ont plus d'expérience.

     Les Fous de l'Île Rouzic

    A l'automne, les jeunes fous nés sur les côtes européennes prennent la route vers le sud afin de passer l'hiver au large du littoral africain, des côtes du Maroc à
    celles de la Guinée. Les jeunes nés au Canada dépassent, quant à eux, la Floride et atteignent le golfe du Mexique.

    Les Fous de l'Île Rouzic

     

     

     

    La photo et moi

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